Pourquoi l’Intersyndicale SNPNC-UNSA PNC refuse BOOST et que proposons-nous ?

1- Que recherche l'entreprise avec son projet BOOST ?

Le projet BOOST a vocation à rendre Air France plus performante économiquement en améliorant la rentabilité d’un certain nombre de lignes,  identifiées par la Direction comme déficitaires aujourd’hui.

L’entreprise a basé son  objectif d’amélioration de rentabilité sur les PNC pour  l’équivalent de 10 avions LC (A340/A350) et 18 avions MC (A320). Monsieur Terner a d’ailleurs confirmé ce périmètre dimanche matin par courrier et lors de notre entrevue  vendredi dernier mais  une alternative existe pour réaliser l’objectif annoncé, contrairement à ce qu’il affirme.

 

 

2- Qu'impose l’entreprise actuellement  pour réaliser son objectif ?

 

La solution de l’entreprise consiste à créer une nouvelle compagnie aérienne où les PNC ne seraient pas sous condition Air France mais proviendraient d’une filière de recrutement spécifique « au coût du marché ». La  recherche de gain de productivité « ou le différentiel » recherché est de  l’ordre de 40% inférieur au coût moyen actuel pour faire voler ces 10 avions LC et 18 avions MC  provenant de la flotte AF sur nos lignes et à notre place.

 

L’effectif nécessaire, selon les infos de la direction, est de 50 PNC par avion sur A340 et 20 PNC par avion sur A320. Soit un effectif global de 860 PNC en Equivalent Temps Plein. 

 

Ce qu’il est important de comprendre, c’est  qu’il ne s’agit nullement d'un plan de croissance en terme d’avions mais uniquement d’un transfert de lignes puisque ces 28 avions sont actuellement dans la flotte AF et sont opérés aujourd'hui par des PNC AF.

 

Toute l’économie recherchée repose donc sur 860 PNC, dans un premier temps, volant 40% moins cher que le coût PNC moyen actuel AF. Inutile de vous répéter  pourquoi ce projet est un véritable danger pour le futur de notre métier de PNC.

 

3- Pourquoi Air France est en train de trahir ses PNC sous un faux prétexte ?

 

Les bilans sociaux publiés chaque année par l’entreprise font état  d’un nombre important de départs naturels de PNC dans les années à venir. Ces départs sont estimés, rien qu’entre 2017 et 2020, à plus de  900 PNC et ils se poursuivront à un rythme élevé pendant  plusieurs années encore.

Si nous analysons maintenant la grille de rémunération des PNC page 36 et 37 de notre Accord Collectif, nous constatons que le différentiel de rémunération entre un PNC entrant et un PNC sortant est de l’ordre de presque 50%.

Il est donc évident que l’augmentation du coût à l’heure de vol du PNC (directement liée à notre niveau de salaire), que  la Direction cherche tant à faire baisser ces dernières années,  est  essentiellement due à l’absence d’embauches plutôt qu’à un soi-disant manque de productivité… La hausse de la  masse salariale PNC résulte de 2 facteurs imbriqués : le vieillissement de notre population et la disparition des embauches.

 

Si ces embauches n’étaient pas possibles en 2012 à cause des déficits  de l’entreprise (perte d' 1 milliard) et d'un contexte déprimé du Transport aérien mondial, la donne a aujourd’hui changé : la situation de  l’entreprise est bien meilleure, elle vient de gagner un milliard quarante-huit millions d’euros,  le Transport aérien est  en croissance  et le PNC AF est en sous-effectif. Si en 2013 il convenait de trouver des mécanismes pour  réduire l’augmentation des coûts liée à l’impossibilité d’embaucher, aujourd’hui les besoins en  PNC  changent la donne. Tous ces facteurs doivent être impérativement pris en compte si l'entreprise vise une amélioration de l’efficacité économique.

 

En résumé, après tous les efforts que les PNC ont réalisés avec Transform pour relever l'entreprise, il est hors de question que nous ne  bénéficions pas de la plus- value  que représentent de  nouvelles embauches. Si Air France choisit d'embaucher des jeunes PNC sous un autre contrat qu'Air France, c'est tout simplement une trahison ! Nous avons mérité cette croissance en interne, fruit de notre travail collectif ! Nous mettrons tous les moyens en œuvre pour combattre cette externalisation.

 

 4- Que défend l’Intersyndicale SNPNC-UNSA PNC ?

L'amélioration de  la rentabilité d’Air France ne peut pas passer par la création d’une nouvelle compagnie.  Les 28 avions (sus-cités) doivent rester dans  la flotte d’Air France, permettant  ainsi de relancer l’embauche maintenant  indispensable pour exploiter ces avions. En s’opposant à ce projet et en exigeant l'embauche de jeunes PNC en interne, nous obtiendrons  la baisse  du  coût de l’heure de vol de l’ensemble des PNC AF. Comment ? Par l’effet de noria. Le SNPL avance d’ailleurs, vous pourrez le vérifier,  la même démonstration.

 

5- L’effet de noria c’est quoi ?

L’effet de noria désigne la mesure de l’économie obtenue par une entreprise quand elle  remplace ses salariés âgés par des salariés plus jeunes, à effectif constant. L'effet de noria est donc  la  mesure du taux de variation de la masse salariale. Cette variation correspond à la différence entre les sommes des salaires des salariés entrants (moins payés) et des salariés sortants (mieux payés grâce à leur ancienneté). Rapporté à la masse salariale, il fournit le pourcentage d’économie attendu pour l’année suivante.

D’après l’analyse de la pyramide des âges  PNC et  du niveau de rémunération des PNC entrants et sortants, l’effet de noria réalise quasiment  l’intégralité de l’objectif affiché de réduction de coûts de 40%. A cela, il faut ajouter l'économie de toutes les dépenses inutiles liées au développement et au fonctionnement d’une nouvelle compagnie.

 

Cet effet peut encore être amélioré en libérant encore plus de  TA et de TAF voire même en développant du TAFA (aidé).

 

Monsieur Terner, lors de notre entrevue,  a d’ailleurs confirmé devant Monsieur Janaillac ainsi que dans une communication récente, que cet effet de noria avait  approximativement la même efficacité économique que les 40% de réduction des coûts recherchés avec  BOOST en ce qui concerne le PNC. Nous détaillerons   ultérieurement  ce calcul de l'effet de noria dans une fiche technique  et nous demandons l’expertise comptable par un cabinet extérieur.

 

6- L’Intersyndicale PNC est également prête à étudier certaines pistes "gagnant- gagnant" :

L'Intersyndicale est prête à étudier de  la création d’un nouveau secteur mixte LC et MC. Mais à certaines conditions. Il devra bénéficier des mêmes règles  déjà existantes sur LC et MC en termes de construction des rotations.  Ce nouveau secteur sera ouvert à l’ensemble des PNC mais  uniquement sur volontariat, condition incontournable.  Le volume des embauches sur les prochaines années permettra à lui seul de le gréer.

 

Les nouveaux embauchés bénéficieront du même contrat social que tous les PNC AF, comme viennent de l'obtenir les pilotes. Les règles de carrière, rémunération, couverture sociale, congés et travail à temps alterné seront les mêmes pour tous. La seule chose qui pourrait diverger en matière de rémunération sera le MGA (minimum garanti), mais comme c’est déjà  le cas actuellement  entre le MC et le LC. Cette valeur pour ce secteur sera intermédiaire entre celles du LC et du MC (le différentiel étant uniquement dû aux heures de nuit).

En terme de conditions de travail, la seule spécificité résidera  dans l’enchainement  des activités. Les PNC affectés sur ce secteur voleront d’ailleurs indifféremment avec des PNC LC ou des PNC MC selon leur planning. Il  s’agira simplement d’un enchainement  différent de rotations permettant, une fois par mois, la réalisation d’un bloc de plusieurs  jours consécutifs d’activité vol MC.

 

Afin de garantir une meilleure prise en compte des rythmes biologiques dus à cette mixité, une nouvelle distribution des OFF sera mise en place. Ce sera l’opportunité de créer un nouveau  rythme en plus de ceux déjà existants.  Les règles en exploitation seront celles que tous les PNC connaissent aujourd’hui.

 

Parallèlement, l’Intersyndicale PNC négocie depuis plusieurs mois la stabilité des plannings pour TOUS. Cette revendication nous semble incontournable aujourd'hui.

 

Notre projet est vertueux pour l’entreprise. C’est tout simplement un choix réaliste économiquement et socialement.

 

L’intersyndicale a  rencontré ce jeudi 16 février la Direction pour lui exposer ces pistes beaucoup plus équilibrées et réalisables sans casse sociale. C'est donc maintenant à la Direction de prendre ses responsabilités : soit en choisissant un projet porteur pour les salariés d'Air France et en particulier pour ses PNC, soit l'externalisation de notre activité que nous combattrons avec les conséquences sociales inhérentes.

 

7- Pourquoi ce choix de projet d'entreprise est-il plus  réaliste et plus protecteur pour nous PNC AF ?

 

Il n’introduit pas de compétition entre des PNC répartis dans 2 entités concurrentes puisque nous aurons TOUS le même contrat, comme les pilotes.

Cela n’entrave donc en rien le contrat unique des Pilotes. Au contraire, il s’inscrit dans la même logique. Ce projet permet aux PNC de rester maîtres de leur avenir. L'effet de noria répond  à l’objectif d’efficacité économique affiché par la Direction, soit : 28 avions exploités 40% moins chers.

 

Et, surtout il aura  le mérite, nous l’espérons, de recueillir l’adhésion des PNC qui pourront se projeter dans un avenir plus serein avec un climat social apaisé.

 

Nous offrons à notre Direction  la solution pour réaliser l’équation indispensable  afin d'afficher une confiance retrouvée à Air France, nécessaire aux investisseurs.  La confiance  ne sera retrouvée qu’avec  la signature d’accords par une majorité des syndicats représentatifs, dont ceux du PNC. Monsieur Terner  semble  oublier ce facteur essentiel dans son équation économique. La paix sociale retrouvée a un prix qu’il est indispensable de comptabiliser dans tout projet d’entreprise. Celui-ci s’inscrit véritablement dans le projet « trust together ».

           

Nous demandons à la Direction d’être raisonnable et de ne pas se priver d’une telle opportunité

qui permettrait de reprendre immédiatement les discussions sur cette base.

L'Intersyndicale reprendra le chemin des négociations à cette condition.

Il est irresponsable de continuer de négocier un Accord Collectif en marge un projet d'entreprise comme BOOST.

 

Dès aujourd’hui, tout est mis en œuvre afin de freiner légalement le projet Boost si la Direction s’obstine à le maintenir en l’état.

 

 

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