Retrofit A321, le chantier de la bricole

Pour rappel, ce grand chantier (retrofit des A319 et A320) à but lucratif a commencé en 2015 dans le cadre du Projet d’entreprise Best and Beyond pour le Moyen Courrier. Le but étant de «reconquérir des parts de marché perdues en adaptant l’offre (par l’augmentation du nombre de sièges) et en réduisant les coûts».

Best & Beurk

Le CHSCT PNC avait été consulté sur ces 2 avions seulement à cette époque. Aucun retour d’expérience n’a été présenté depuis, malgré le rapport d’expertise du cabinet Technologia sur le Projet «Smart and Beyond» émettant de vives réserves relatives à la pénibilité, aux Troubles Musculo-Squeletiques, à l’épuisement...

Depuis, la Direction, (devenue de plus en plus gourmande) a revu ses prétentions à la hausse en décidant de rétrofiter l’ensemble des avions de la famille des A320, autrement dit, tous les avions du réseau Moyen et Court Courrier. En se passant de consulter le CHSCT PNC, considérant que «le projet ne peut en aucun cas être considéré comme un projet important nécessitant la consultation du CHSCT» (propos de la Direction). 11 A321 (sur 12 A321 Euroconcept) ont été rétrofités.

 

Le Diktat financier au détriment de la sécurité des vols

Le passage de 200 à 212 sièges pax sur A321 (à 5 PNC, alors que sur A330, la composition équipage est de 8 PNC) a entraîné la modification importante des conditions de sécurité :

- Problème d’accessibilité aux JPS : en cas d’urgence, turbulences fortes non prévues, il devient impossible de regagner son siège (passagers, sacs au sol, tablettes sorties).En cas d’évacuation lors de l’embarquement, avec pax et ba- gages encombrant l’allée, qui arme et ouvre les portes si le PNC est bloqué ?

- Problème d’accessibilité interphone : les images ne nécéssitent pas de commen- taire...

 

Le Diktat financier au mépris des PNC

- Des conditions de travail déplorables !

Les PNC occupant les postes P2 et P3 n’ont même pas la place de se placer à leur poste de sécurité durant l’embarquement, tellement l’espace a été restreint. Pour les plus grands, l’exercice relève d’un numéro de contorsionniste. Ergonomie de poste inadaptée de part l’exiguïté.

La réduction de la taille du couloir ne permet plus aux passagers de se faufiler entre les sièges et le trolley pour aller aux toilettes lors du ser- vice. De ce fait, les PNC multiplient les manipulations de trolleys toujours plus lourds, afin de permettre aux passagers de passer.

- Une pénibilité accrue !

Les A321, sont, de par leur taille, des avions générant un surcroit de fatigue : embarquements et débarquements plus fastidieux, engen- drant une station debout (piétinement) plus longue, sollicitations des passagers plus nombreuses.

Les PNC sont impactés tant sur le plan physique que sur le plan psychologique. Travailler sur cet avion est devenu un enfer et engendre un stress supplémentaire rien qu’à l’idée de voir une rotation sur son TDS en A321.

L’ensemble des modifications lié au retrofit de l’A321 expose de facto les PNC à des Risques Psycho Sociaux. Les travaux ont d’ailleurs été conduits sans avoir mis le service RPS dans la boucle. La Direction a aussi fait le choix de se passer du professionalisme d’un ergonome qui aurait pu émettre des préconisa- tions en matière d’ergonomie de poste.

Malgré les nombreuses remontées négatives relatives au retrofit des A319 et A320, la Direction s’obstine, et ne prend pas en compte les nombreuses remontées des PNC, qui, pourtant, travaillent dans les avions.

De nombreux PNC débarquent en cours de rotation ou « sèchent » leurs vols opérés en A321.

La Direction « travaille » sur des mesures qui consisteraient à partager l’inconfort des postes 2 et 3, en faisant changer régulièrement les PNC de poste en cours de rotation sur cet avion spécifiquement !

Au SNPNC, nous considérons que les postes sécurité ne doivent pas s’adapter à l’avion. Ce sont les avions qui doivent être conçus en fonction des impératifs liés à la sécurité des vols et des personnes qui y travaillent...

Vos délégués SNPNC, dans chaque instance, continueront à dénoncer l’ensemble des problématiques liées au retrofit de l’A321, continuez à nous envoyer vos Cabin Report, onglet Sécurité !

Les élus du CHSCT ont déposé un DGI (Danger Grave et Imminent) le 15 mai sur l’A321 retrofité.
Un DGI décrit une situation dont on pense qu’elle risque de provoquer une atteinte sérieuse à l’intégrité physique ou à la santé d’un salarié, dans un délai très rapproché. Le signalement écrit fait suite à une alerte. L’intérêt de ce document réside dans l’obligation qu’est faite à l’employeur d’apporter une solution destinée à faire disparaître le danger ou à en diminuer l’impact, s’il s’avère que le risque ne peut pas être éliminé totalement. Le chef de service a une obligation par cette procédure : il doit alors analyser la situation et faire part de ses réponses à l’agent ainsi qu’au CHSCT.

La Direction DOIT revoir sa copie !
En attendant qu’une solution pérenne soit trouvée, nous demandons à la Direction de revoir les constructions rotations opérées en A321.

L’ergonomie des postes 2 et 3 doit être totalement revue, le JPS doit se retrouver dans le sens de la marche (ex : LH, LX, SAS, OS, AZ) le combiné interphone déplacé.

Nous avons adressé un courrier à M. Caron, Directeur du PNC,et sommes en attente de son retour.

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