Transavia, la low-cost d'Air France, touchée par sa première grève

Le SNPNC appelle les hôtesses et stewards à une grève les 7 et 8 novembre pour "lutter contre la course à la précarisation". La direction ne prévoit pas d'impact sur l'exploitation.

Première grève pour Transavia France, la filiale d'Air France et de Transavia Holland, lancée en 2007. Alors qu'Air France est en pleine impasse sociale, Le SNPNC, le deuxième syndicat d'hôtesses et de stewards de la compagnie avec 30% des voix de cette catégorie de personnels, a appelé à la grève les personnels navigants commerciaux (PNC) pour les journées du 7 et 8 novembre afin de lutter "contre la course à la précarisation".

"Personne n'a jamais fait grève chez Transavia. On n'est pas des fous furieux, on le fait parce que l'on n'a pas le choix, on ne peut pas demander aux plus faibles de faire toujours plus, c'est injuste", a justifié auprès de l'AFP Grégoire Jacta, délégué du syndicat.

Selon la direction interrogée par l'AFP, son appel à la grève n'aura "aucun" impact.

Rémunération

Le SNPNC-FO dénonce, dans un communiqué, un projet de la direction de "supprimer l'augmentation annuelle contractuelle de 2%", "seule garantie d'évolution" des salaires, ainsi que "divers procédés" pour "amputer la rémunération des hôtesses et stewards en matière d'heures complémentaires et supplémentaires".

Il fustige une "course à la précarisation des conditions de travail et de rémunération des hôtesses et stewards du groupe AF-KLM" - qui a publié jeudi un "résultat d'exploitation historiquement haut de 898 millions d'euros".

"Faute de pouvoir nous faire travailler plus, car on travaille déjà énormément, ils cherchent à faire des économies sur nos évolutions de salaires", s'indigne Grégoire Jacta.

"Nous ne nous arc-boutons pas sur des acquis sociaux"

Un navigant démarre, selon lui, à 1.512 euros bruts mensuels, ne permettant "déjà pas de vivre quand on habite en région parisienne et qu'on travaille souvent de nuit" ; "nous ne nous arc-boutons pas sur des acquis sociaux, nous demandons juste qu'ils nous laissent vivre".

Une prochaine réunion direction-syndicats (SNPNAC, majoritaire, et SNPNC-FO) est prévue le 3 novembre, précise-t-il.

"La direction dit avoir reçu mandat du groupe pour faire 7,5% d'économie à Transavia (...). Qu'ils demandent des économies à Air France, ce n'est pas à moi de juger, mais qu'ils viennent nous les demander alors que l'on coûte déjà moins cher que nos concurrents d'EasyJet, ce n'est pas juste", estime le délégué.

 

Source : latribune.fr