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En s’alliant avec Etihad, Air France-KLM fait-il entrer le loup dans la bergerie ?

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En signant avec un transporteur du Golfe, qualifié encore récemment de "prédateur" en interne à Air France, le groupe français va-t-il réussir à endiguer leur offensive ou va-t-il continuer à se faire manger de la laine sur le dos ?

En signant avec un transporteur du Golfe, qualifié encore récemment de "prédateur" en interne à Air France, le groupe français va-t-il réussir à endiguer leur offensive ou va-t-il continuer à se faire manger de la laine sur le dos ?

Des études réalisées en interne appellent à la prudence. D'où un accord pour l'heure modeste et une volonté de procéder par étapes.

En annonçant ce lundi la signature d'un accord commercial avec la compagnie du Golfe Etihad Airways (Abu Dhabi), Air France-KLM fait-il entrer le loup dans la bergerie ? Avec cette alliance, appelée à terme à être plus approfondie que les accords de partages de codes annoncés ce jour, le groupe français va-t-il réussir à endiguer la déferlante des compagnies du Golfe, ou continuer à se laisser toujours plus manger de la laine sur le dos, certes un peu moins vite ? Air France-KLM n'a-t-il pas été parmi les plus réactifs à dénoncer les dangers de ces compagnies qui viennent siphonner les marchés européens avec des hausses de capacités impressionnantes (liées à leurs carnets de commandes d'avions vertigineux) ? Emirates, Qatar Airways, Etihad Airways ne sont-ils pas qualifiés de "prédateurs" en interne à Air France ?

Des marchés aux antipodes

"Fait-on entrer le loup dans la bergerie, la question se pose en effet, explique un cadre de la compagnie française. Nous avons fait plusieurs études qui appellent à la prudence. Il y a beaucoup d'incertitudes". Le principal problème réside dans le déséquilibre des marchés : la population d'Abu Dhabi dépasse les 1,5 million de personnes, celle de l'Union européenne se rapproche des 500 millions. "Contrairement à la compagnie américaine Delta avec qui nous avons noué une alliance très forte, Etihad Airways n'a aucun marché à proposer", admet-on au sein d'Air France.

D'où, la modestie de l'accord annoncé ce lundi, qui se résume à quelques accords de partage de codes vers des destinations non desservies (pour éviter le risque de cannibalisation) par Air France-KLM. Et de procéder par étapes. "Nous en avons franchi une", commente t-on chez Air France. "Si l'accord est équilibré, nous développerons le nombre de destinations en partage de codes concernées à partir de la prochaine saison d'été", précise t-on.

Air Berlin améliore la corbeille d'Etihad

En outre, en mettant dans la boucle Air Berlin, aujourd'hui contrôlée en partie par Etihad, l'accord général s'équilibre un peu plus. En effet, Air France et KLM trouvent ainsi un allié de poids pour défier son grand rival Lufthansa sur son marché. Pour aller plus loin, Air France-KLM et Etihad devront donc trouver de nouveaux équilibres. Il faudra trouver des contreparties à l'ouverture d'un plus grand nombre de destinations européennes à la compagnie du Golfe. Cette deuxième étape passera par des achats communs et des accords sur la maintenance, selon Etihad. S'il n'y a eu aucun détail communiqué sur ce point, Air France-KLM espérait, ces derniers mois, voir confier à Air France Industrie la maintenance d'avions d'Etihad.

Le cas Lufthansa

Cette alliance traduit les difficultés des compagnies aériennes traditionnelles face au pilonnage des transporteurs du Golfe, notamment sur les routes reliant l'Europe à l'Asie-Pacifique. Disposant de puissants aéroports de correspondances sur axe, Dubai, Abu Dhabi, Doha, Emirates, Etihad et Qatar Airways ne cessent de prendre des parts de marché. Après avoir tenté durant des années de riposter, certaines compagnies classiques tentent de résister en s'alliant avec l'un des prédateurs. L'Australienne Qantas a ainsi annoncé le mois dernier un partenariat commercial d'envergure avec Emirates, tandis que, selon la presse britannique British Airways discute d'une alliance avec Qatar Airways. Si cette information se vérifiait, Lufthansa apparaîtrait comme la seule des trois majors européennes à ne pas avoir conclu de partenariat avec un transport du Golfe. En apparence seulement. Car en étant allié de Turkish Airlines qui présente par bien des égards beaucoup de points communs avec les transporteurs du Golfe (hub sur l'itinéraire des routes Europe-Asie, qualité de services, forte hausse de capacités). Et récemment encore, Lufthansa s'agaçait de la concurrence de la compagnie turque, selon des sources au sein de l'association des compagnies européennes (AEA). A méditer donc…

source : http://www.latribune.fr

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