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Conflit au Moyen-Orient : impacts et réponses d’Air France

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Anne RIGAIL (Directrice Générale d’Air France) a réuni, le 20 mars dernier, les représentants des organisations syndicales pour faire un point sur les impacts du conflit au Moyen-Orient et les mesures envisagées face à la hausse des coûts carburant. Voici le compte rendu des informations et de l’analyse présentées par la direction.

  1. État des Lieux Opérationnel et Réactivité du Programme
  • Optimisation de la flotte : 

L’arrêt des vols vers TLV, BEY, RUH et DXB au 28 février a libéré immédiatement 2 à 3 coques.

Double usage des capacités libérées :

–  Missions de rapatriement : Deux vols ont été opérés dans des conditions complexes, ce qui a « généré une image très positive auprès du Gouvernement et des clients ».

– Redéploiement vers l’Asie : Ces coques ont surtout permis d’ajouter des fréquences vers les hubs asiatiques (Thaïlande, Singapour, Chine, Japon, Inde).

Succès commercial immédiat :  les réservations ont suivi instantanément, au départ comme à l’arrivée.

Avantage concurrentiel temporel : Ce redéploiement a été facilité par la saisonnalité (disponibilité des avions en février qui aurait été impossible en juillet) et par l’arrêt des compagnies du Golfe, laissant AF comme solution principale pour les passagers fuyant les zones de conflit ou cherchant à rentrer d’Asie ou encore ne souhaitant plus passer par ces hubs.

Mix tarifaire : Les capacités ayant été injectées tardivement, seules les classes tarifaires les plus élevées restaient disponibles et ont été vendues, optimisant la recette.

  1. Enjeux Énergétiques et Financiers

La crise provoque une décorrélation inédite entre les cours.

Explosion des cours : Le Brent (pétrole brut) a progressé de 69%, tandis que le JET (kérosène) a bondi de 133%. Cet écart s’explique par des tensions logistiques (50% du Jet européen transite par le détroit d’Ormuz) et des capacités de raffinage saturées au Moyen-Orient.

Couverture Carburant (Hedging) : 

La capacité d’une compagnie à s’assurer contre la hausse des prix dépend de sa santé financière, car les contrats de couverture exigent des garanties de cash importantes.

Air France : Avec 70% de besoins couverts, le groupe bénéficie d’un bouclier qui amortit l’impact immédiat de la hausse du JET (+133%).

Les Low-Cost Européennes : Elles ne vont pas être impactées. Elles utilisent massivement ce levier pour garantir leurs tarifs bas. Ryanair est couverte à 84%, tandis qu’EasyJet et WizzAir (autour de 40%) et disposent également de cash important.

Les moins couvertes comme SAS : Avec seulement 10% de couverture, la compagnie scandinave est extrêmement exposée aux fluctuations quotidiennes du marché. Elle a déjà annoncé la suppression de plus de 1000 vols.

Les compagnies US : Delta, United, American et les low-cost sont très peu couvertes. Aux USA, elles parient sur leur capacité à répercuter la hausse sur le prix des billets ou sur une baisse rapide des cours. Certaines low-cost américaines pourraient ne pas survivre à un maintien prolongé du kérosène à ce niveau.

Scénarios d’impact financier :

Le calcul de l’impact combine l’augmentation brute de la facture kérosène et le gain généré par l’assurance (la couverture) qui vient compenser une partie de cette perte.

  • Dans le cas d’une crise courte (Impact : -800 M€)

Ce scénario part du principe que la tension s’apaise après quelques mois.

Hausse brute du kérosène : estimée à +1,4 milliard €.

Gain lié à la couverture : l’assurance « rembourse » la différence sur les volumes couverts, soit un gain de +600 millions €.

Calcul :

-1,4 milliard d’€ (coût carburant) + 0,6 milliards d’€ (couverture)

  • Dans le cas d’une crise longue (Impact : -2,3 Md€)

Si la crise perdure toute l’année

Hausse brute du kérosène : le surcoût total s’envole à +3,3 milliards €.

Gain lié à la couverture : les contrats de hedging jouent à plein et rapportent +1 milliard €.

Calcul :

-3,3 milliards d’€ (coût carburant) + 1 milliard d’€ (couverture)

Alerte sur le deuxième trimestre (Q2) : 

Si les tarifs actuels sont encore basés sur les cours de février, les conséquences lourdes se feront sentir dès le deuxième trimestre (Q2).

  1. Mesures Conservatoires et Dispositif RH

Face à l’augmentation massive des coûts, des mesures de rigueur immédiates sont déployées pour préserver la trésorerie :

  • Gestion de la Flotte et des Investissements :

– En cas d’intensification de la crise, sortie anticipée des Boeing 777-200 et Airbus A330, jugés trop gourmands en carburant.

– Report des travaux non essentiels (ex : salle Max Hymans) et réduction du budget IT informatique).

– Gel ou pause sur les futurs événements et séminaires internes.

  • Volet RH :

Embauches : Ralentissement ou gel des recrutements, sauf pour les besoins opérationnels et la DGI. Les signatures de CDI et CDD saisonniers non encore actées sont reportées.

Maintien de l’application des accords :  NAO, PUA, + autres mesures de l’accord, Intéressement/Participation. 

Sélections internes reportées (mais pas annulées) et décalage des formations/stages non obligatoires.

  1. Perspectives et Concurrence

Le marché US : Reste dynamique sur les classes Premium (W, J, P), sans signe de repli pour le moment.

Menace des « Gulf Carriers » : Emirates a déjà repris à 70% via des « couloirs sécurisés ». Quand les autres acteurs de la région reprendront à leur tour, la concurrence sera féroce grâce leur capacité et des tarifs agressifs.

Fiscalité : Aucune aide de l’État (type pause de la TSBA) n’est à attendre, le gouvernement étant focalisé sur les prix à la pompe pour les automobilistes.

 

 

Conclusion SNPNC-FO

Dans un contexte de crise internationale aux effets encore évolutifs, le SNPNC-FO prend acte des éléments présentés par la direction et des mesures envisagées pour faire face à la hausse significative des coûts, notamment carburant.

Si certaines adaptations peuvent se justifier à court terme, le SNPNC-FO restera attentif à leurs conséquences sur l’emploi, les parcours professionnels et les conditions de travail des PNC.

Le maintien des accords en vigueur constitue un point essentiel, tout comme la nécessité de préserver un équilibre durable entre performance économique et conditions d’exercice du métier.

Comme toujours dans ces moments-là, le SNPNC-FO continue de suivre étroitement l’évolution de la situation.

 

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