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Pourquoi easyJet voit l’avenir en rose

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INTERVIEW La compagnie aérienne low cost vient d'annoncer des résultats en forte hausse. Caroline McCall, P-DG d'easyJet, revient pour Challenges.fr son bilan et sur ses objectifs en France.

INTERVIEW La compagnie aérienne low cost vient d'annoncer des résultats en forte hausse. Caroline McCall, P-DG d'easyJet, revient pour Challenges.fr son bilan et sur ses objectifs en France.

Cela fait bientôt deux ans que vous avez pris la tête d’easyJet. Qu’est-ce qui a changé depuis votre arrivée ?

J’ai remis les choses à leur place. En fait, la croissance de la compagnie a été si rapide que l’on était arrivé à une situation où les dirigeants imposaient, les troupes obéissaient, mais plus personne ne savait trop pourquoi, par manque de temps pour y réfléchir. Il fallait fluidifier la communication, remettre du dialogue, simplifier les contacts. J’ai également réorganisé l’organigramme, en mettant un directeur à la tête de chaque pays, avec une vraie autonomie même si nous entretenons des liens étroits avec chacun d’entre eux. Cela nous a permis d’être plus efficaces en termes de communication.

C’est-à-dire ?

Nous avons décidé de ne plus nous en tenir simplement au prix pour attirer les voyageurs. Nous sommes très forts pour casser les prix, mais il n’y a pas que ça, nous proposons des services aussi ! Et, en dirigeant au plus près de chaque marché, nous pouvons mieux nous adapter à ses demandes et ses spécificités. Par exemple, en France, une idée reçue circule: si les prix sont bas, la sécurité l’est aussi. C’est complètement faux, et nous avons donc beaucoup travaillé autour de ce sujet-là.

Avez-vous réglé le problème de ponctualité de la compagnie ?

Oui, et même mieux : nous sommes les meilleurs sur ce créneau-là ! La compagnie avait effectivement de gros problèmes de fiabilité. J’ai remis les opérations, et en particulier le passager, au centre de toute l’activité de l’entreprise. Le mot d’ordre que j’ai passé, c’est : "make it easy !". Chez nous, on vous simplifie la vie. Parce que vous savez, ce n’est pas parce que nous sommes low cost que nous sommes low service.

Vous avez présenté des résultats annuels historiques en novembre dernier : un chiffre d’affaires en hausse de 16%, à 4,1 milliards d’euros, et surtout un bénéfice net de 262 millions d’euros, en hausse de 86%. Vous ne connaissez pas la crise !

Je suis très satisfaite. Mais je ne suis pas parfaitement heureuse… Dans le contexte actuel, il ne serait pas raisonnable de l’être. Le prix du carburant continue à augmenter, cela va nous coûter 260 millions d’euros en 2012 ! Bien entendu, nous avons des couvertures, mais elles sont très élevées. Par ailleurs, il y a désormais énormément de taxes, dont certaines ne sont pas admissibles.

Si nous sommes d’accord pour nous acquitter de la taxe sur les emissions carbone, que Bruxelles impose depuis le 1er janvier, nous continuons à trouver scandaleux la taxe Air Passenger Duty (une taxe sur les passagers, ndlr), spécifiquement britannique. C’est injuste, très cher, et cela ne contribue pas à améliorer l’environnement ou l’industrie aérienne, juste à alimenter les caisses de l’Etat.

2012 s’annonce donc moins bonne que 2011 ?

Nous sommes prudents mais confiants. Nous sommes confiants parce que nous sommes affutés. Notre business model vit très bien en temps de crise : les passagers font très attention au prix, ils viennent donc tout naturellement nous voir. A nous, ensuite, de les convaincre que notre ponctualité, nos services, nos offres, sont très bons et de faire ainsi en sorte qu’ils reviennent. D’ailleurs, cela fonctionne bien : nous avons eu un afflux de réservation à Pâques, l’an dernier. Et juste après les vacances, un nouvel afflux de réservation pour l’été.

Vous avez également annoncé, en novembre, la mise en place de services pour les hommes d’affaires (choix des places, enregistrement rapide, possibilité de changer ses horaires…). Est-ce que cela fonctionne ?

C’est un peu tôt pour le dire. Mais il est évident que le monde des affaires européen est en train de faiblir et a besoin de nous. Nous le sentons très fort, les grandes entreprises, peu à peu, signent des contrats avec nous, plutôt qu’avec les compagnies aériennes traditionnelles. En Angleterre, nous avons signé avec le ministère de la Défense, la banque Barclays… En France, nous sommes en négociation avec des entreprises du CAC40, mais ce n’est pas encore signé. Toujours est-il qu’en ce moment, avoir le sens des affaires, c’est éviter de voyager en classes affaires ! En tout cas pour le court et le moyen courrier.

Vous attaquez très fort en France, avec l’ouverture, fin mars, de deux nouvelles bases, à Nice et Toulouse. Au total, vous pourrez transporter 500.000 passagers supplémentaires. Ryanair est revenue à Marseille, Vueling renforce considérablement sa présence en France. Pensez-vous que le court et moyen courrier d’Air France puisse tenir longtemps face à vous ?

Regardons les choses en face : en France, ce n’est pas Air France l’outsider, c’est nous ! Air France tient 50% du marché du court et du moyen courrier, c’est considérable. En Europe, c’est même unique. La France est le seul pays où les low cost ne sont pas leaders. Nous, nous sommes la 2e compagnie française, alors que nous n’avons que 10% du marché ! C’est nous qui essayons de faire notre place, pas le contraire. Et je pense fermement que nous pouvons continuer à croître et tout de même coexister, il y a de la place sur ce marché.

Tony Fernandes, le patron de AirAsia X, la compagnie low cost long courrier, vient d’annoncer qu’il jetait l’éponge : sa compagnie ne reliera plus l’Europe (Paris et Londres) à l’Asie (Kuala Lumpur) à partir du 30 mars prochain. Les low costs sont donc vouées à l’échec sur le long courrier ?

En ce qui concerne Tony Fernandes, je pense qu’il a été écœuré par les taxes. Mais je devance votre question, et non, easyJet ne fera pas de long courrier. Ce n’est pas dans nos projets. Vous savez, nous proposons des destinations exotiques, en Afrique du Nord, en Europe de l’Est, de très belles destinations de vacances. C’est excitant ! Mais quand on revient à la réalité de notre business, on doit bien reconnaître que 95% de notre quotidien, c’est de relier les capitales européennes entre elles.

Stelios, le fondateur et actionnaire principal de easyJet, est en train de lancer une low cost en Afrique. Pas d’objections ?

Non.

Vos relations se sont-elles améliorées depuis que vous lui avez versé un dividende exceptionnel ?

Nous maintenons un dialogue avec lui, comme avec tous nos actionnaires. Mais dans son cas, nous tenons beaucoup à ce que ce dialogue soit privé, et surtout pas dans les médias.

source : http://www.challenges.fr/entreprise/20120124.CHA9500/pourquoi-easyjet-voit-l-avenir-en-rose.html

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